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Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! On ne pourra pas dire qu’on ne l’a pas attendu avec impatience celui là. Pas que je déteste complètement Hollande, je pense juste qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment. Depuis la fin de l’ère Mitterrand, la Gauche manque d’un réel leader, d’un homme charismatique capable d’emmener un parti bordélique, incapable de se réunir autour d’une ligne politique. On nous tanne depuis trop longtemps à nous dire que le PS n’a pas d’idées, n’a pas de programme etc… le PS en a, il lui manque simplement un homme capable de s’imposer, d’incarner une synthèse cohérente des divergences d’un parti née sur la différence.
Bref, on l’a tellement attendu que vraisemblablement on sera déçus du résultat. Royal part franchement en tête et c’est bien dommage. La ligne qu’elle incarne (le vote des motions l’a prouvé) est sans aucun doute majoritaire au PS… à savoir une ligne plus tournée vers le centre, favorable à une alliance avec le MoDem quitte à tourner le dos à une extrême gauche qui semble remplir de plus en plus ses rangs. On pensait pourtant que la crise serait favorable à une réorientation massive du PS à gauche, on a vu le bon score de la motion Hamon, mais 19% çà reste vraiment peu quand on voit qu’il est presque le seul à monter sans relâche au créneau pour proposer une dénonciation cohérente ainsi que des propositions interessantes… Bah oui, il incarne ce qu’on appel bêtement la gauche décomplexée, disons simplement la Gauche, une gauche qui s’implique et qui prend part de vive voix au débat, favorable à un vraie régulation du marché, qui s’indigne d’une répartition des richesses de plus en plus favorable au capital. Une gauche qui a encore le courage de ses choix politiques et qui a le sens de l’histoire. Car aujourd’hui, plus que jamais, le sens de l’histoire du socialisme en France plus que partout ailleurs est de proposer une VRAIE alternative à la situation actuelle et non plus des éternelles rustines. Ce qui est en cause, c’est bien sûr une politique désastreuse, mais au-delà, c’est un modèle sociétal et économique. Pas que ce soit une découverte, mais que les occasions sont rares où son inefficacité et sa propension à générer des inégalités nous sautent aux yeux de façon aussi éclatante, et à ceux du monde.
J’écoute, j’écoute les interviews de Delanoë ou de Royal, promis… mais j’entends rien, à peine des demis mots, ils ne s’engagent dans rien, bredouillent, blablatent de peur qu’on leur tienne rigueur d’avoir une vraie opinion sur un vrai sujet ! C’est pourquoi j’ai peur, j’ai peur qu’une fois à la tête du parti ce soit la même chose. J’ai peur que celui qui devra être la voix d’un parti centenaire reste muet devant tout l’intolérable de la situation actuelle et qu’il incarne un parti de centre-gauche molasson alors que la solution semble être dans le dynamisme et l’audace !
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Pour être honnête, toute cette histoire me fait quand même légèrement sourire. J’entendais de plus en plus ces dernières année qu’on avait plus le choix, qu’être socialiste c’était dépassé… qu’en somme le marché nous mangerait tous un jour ou l’autre, que c’était comme ça et que tout ces gauchistes qui sont pas contents, ils peuvent bien aller se faire voir. Beaucoup commençaient à se dire sociaux-libéraux plus que sociaux-démocrates (et je tiens à la nuance) ; le PS a signé une déclaration de principe commentée comme « acceptant ENFIN l’économie de marché »… l’idéologie dogmatique libérale prônant à tue-tête que l’on doit croire en l’autorégulation du marché semblait avoir vaincu… Milton Friedman et l’Ecole de Chicago avaient raison, depuis le temps qu’ils attendaient ça les bougres, on leur donnait des prix Nobel sans arrêt (pas moins de 3 dans les années 90 – GS.Becker 92, R.Coase 91, R.E Lucas 95) !
Belle époque n’est-ce pas ? Dans le même temps, le lobby pharmaceutique continuait de refuser de baisser les prix des médicaments pour les pays pauvres, ce qui continuait à faire mourir des millions d’enfants. What a wonderful world.
Et voilà, on en est là, l’économie s’effondre, les banquiers et autres traders mouillent leur pantalon, les politiques ne savent pas quoi faire bien que TOUS, de droite, de gauche, du centre –parfois même de nulle part- nous sortent un par un qu’ils l’avaient prévu, bien entendu ! Que c’était complètement insensé de laisser le capitalisme se développer sans contrôle, etc, etc… Du coup, les mesures s’enchaînent, les milliards volent et le pauvre Martin Hirsh a le doux sentiment d’avoir été pris pour un con. C’est qu’il s’est battu corps et âmes pendant des mois pour obtenir les fonds nécessaires au financement du RSA et n’a obtenu qu’un milliard et demi alors qu’il en demandait trois… et là il assiste tout penaud au rachat par l’état de DAXXA, décidé en une seule nuit, pour un montant de plus d’un milliard d’euros… Enfin je dis Martin Hirsh mais il n’est pas seul, quand on voit le financement du Plan Paulson (700 milliard) uniquement à la charge du contribuable, on a de quoi rire.
Je ne vais pas jouer à mon tour les clairvoyants capable de vous dire ce qui ressortira de cette crise (si tout jamais on en sort) ; toutefois espérons qu’elle mette fin à la domination intellectuelle de l’idéologie (ou plutôt de l’anti-idéologie) néo-libérale et que cela laisse le champ libre à une nouvelle réflexion politique, économique et sociale. Quoi qu’il en soit, les années à venir risquent d’être difficiles… mais passionnantes.
To be continued ?
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 Trop c’est trop ! On entend parler que de ça, c’est le nouveau bouc émissaire, le responsable de tous nous maux, aussi bien économiques, politiques que culturels et civilisationels. Même au Bac, c’était le sujet…
La mondialisation culturelle qui instaure une domination culturelle n’est qu’un leurre.
Remontons un peu en arrière, la mondialisation est un phénomène millénaire : dès qu’il y a eu relation entre individus venant d’horizons différents, nous étions déjà dans un processus de mondialisation. Les grandes découvertes ont dopé le phénomène, ont créé les premières exportations de culture et ont fait le lit de la colonisation. La colonisation est l’élément de passage d’une mondialisation qui permettait les dialogues et les échanges de cultures à une domination pour motifs qualitatifs d’une civilisation sur une autre, ou d’une culture sur d’autres, jugées inférieures… et en a constitué la première dérive… Lire la suite »
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Après dix ans d’absence, les autos déclarés renégats de Rage Against The Machine (RATM, ndlr) ont investis la scène de Paris Bercy pour déverser un fleuve sonore bouleversant. On ne jugera pas ici de la prestation musicale manifestement excellente, toutefois, on peut discuter du flow investit d’une contestation et d’une rage non feinte servit par Zack De la Rocha.
En effet, alors qu’au Etats-Unis le Rock contestataire bat de son plein depuis le fameux « Rock Against Bush » animé notamment par les insatiables contestataires Anti-Flag, le Rock Français et la musique française semblent manquer de grands groupes contestataires mettant leur espace médiatique au profit d’un message politique fort. Les années 90 ont vu s’éteindre des groupes alternatifs et provocateurs comme les Berruriers Noirs ; néanmoins, ceux-ci restaient marginaux et ne pouvaient pas rivaliser avec la portée du message livré notamment par NTM, Assassins, ou encore I Am dans le monde du rap. On se souvient encore de Joey Starr braillant à tue-tête « Mais qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu ?! », qui, au-delà de chanteur, s’était à la fois fait prophète des émeutes de 2005. Lire la suite »
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La société libérale dans laquelle on vit par défaut est basée sur un principe simple, qui à lui seul lui donne toute sa légitimité : c’est la liberté, ou plutôt le fait de pouvoir vivre, de pouvoir mener notre vie comme bon nous semble. Ainsi, la liberté devient en quelque sorte le fondement, le pilier, qui permet de donner à l’édifice sociétal un sens, qui permet d’avoir un repère, nécessaire à la vie en communauté. Bien entendu, cet horizon libéral, libertaire, qui laisse l’homme maître de son destin et de la manière dont il souhaite mener sa vie a amené un certain nombre de dérives, considérées naturelles, dont la plus importante, analysée pour la première fois au milieu du XIXème siècle par Alexis de Tocqueville, est sûrement l’individualisme pathologique. On a longtemps décrié cet individualisme qui prend souvent le pas sur les bienfaits communautaires tels que la convivialité ou encore la solidarité, néanmoins ici n’est pas le cœur du sujet, Marcuse restera au placard pour le moment.
Ce qui me fait monter au créneau, ce sont les évènements actuels, qui trahissent néanmoins une certain tendance qui devient de plus en plus structurelle, depuis que certains ont enfin réussi à enterrer la ferveur libertaire de Mai 68. Lire la suite »
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Sartre a défini le concept de négritude inventé par feu Aimé Césaire comme « la négation de la négation de l’homme noir ». Au-delà d’un mot qui va symboliser la littérature noire en France et à travers le monde, la négritude est par essence un horizon de liberté et de reconnaissance pour un peuple si longtemps opprimé et déconsidéré. Ce mot fut pour Aimé Césaire bien plus qu’un leitmotiv comme un autre, il caractérisa le combat de sa vie, le combat de 94 années pour la reconnaissance de l’identité d’un peuple qu’il a représenté tant à travers la richesse et la beauté de sa poésie, qu’à travers la ferveur et la détermination de son engagement politique. Sortit de l’Ecole Normale Supérieure de Paris avec son ami Léopold Sédar Senghor, les deux compagnons décidèrent de se dévouer corps et âme au double combat contre le colonialisme et le racisme notamment à travers le fameux Discours sur le Colonialisme et sa désormais fameuse ouverture : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente ».
Son combat politique sera également vif et engagé à gauche. Sa critique du colonialisme sera aussi une critique du capitalisme de l’époque jugé essentiellement expansionniste et impérialiste. Son combat sera surtout celui d’un humaniste convaincu comme le symbolise cette phrase : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ». Convaincu que dans le colonialisme il y a d’abord et avant tout la négation de l’homme, sa déconsidération et son humiliation, que le colonialisme est en soi un racisme et l’expression du racisme. Son message n’était donc pas celui d’un noir tentant de défendre la cause de son peuple, il était celui d’un homme convaincu de l’égalité entre chaque homme.
Ainsi, Aimé Césaire était un Homme d’action, tant dans sa poésie que dans son poste de maire de Fort de France. « Je ne conçois pas que l’artiste puisse rester un spectateur indifférent, refusant de prendre une option.(…) Etre engagé, cela signifie, pour l’artiste, être inséré dans son contexte social, être la chair du peuple, vivre les problèmes de son pays avec intensité, et en rendre témoignage » disait-il. Il se distinguera par là de beaucoup d’intellectuels de son temps par le choix de faire vivre son engagement non seulement dans sa poésie, mais aussi par le contact, par la rapport direct humain avec son peuple. L’œuvre d’Aimé Césaire est donc aussi celle de son peuple : c’est une part de l’humanité trop longtemps négligée, trop longtemps laissée pour compte qui s’exprime avec lui : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont pas de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ». L’homme touchera donc l’universel par la communion avec son peuple : « Tu vois, plus nous serons Nègres, plus nous serons des Hommes ».
Pour finir je dirai que relire Césaire prend une fois de plus tout son sens aujourd’hui ; à l’heure ou notre président embrasse Kadhafi, et à l’heure où le monde n’ose pas ouvrir plus qu’à demi les yeux sur un régime totalitaire qui s’apprête à tous nous accueillir pour ce qui doit apparaître comme une fête, les jeux Olympiques, il est temps de se demander quelle est vraiment l’attitude que nous sommes en train d’adopter inconsciemment. « On s’étonne, on s’indigne. On dit : “comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’oeil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne. »
Aimé Césaire fait parti de ces grands hommes qui ont mis leur talent, leur corps et leur âme au service de l’humanité à la manière d’un Victor Hugo ou d’un Montaigne. Penser que ce type d’homme appartient encore au XXème doit nous pousser à en être digne et perpétuer leurs valeurs dans notre engagement. Cela doit également nous redonner espoir.
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Publié par MaX dans Refléxion, tags: Communisme, Marx
Au jour où communisme est synonyme de barbarisme, de régime totalitaire, il m’a semblé nécessaire de réhabiliter ce mot, cette idée. En effet depuis que la terrible dictature totalitaire que fut le régime dit « communiste » d’URSS est apparue aux yeux du monde, l’idée communiste porte le fardeau du terrible bilan de ce système criminel. Or, ce Système si souvent appelé communiste n’a en fait que peu de lien avec l’idée, avec le concept et avec ce que représente en soi le communisme. Ce qui s’est déroulé en URSS ne fut qu’un changement sur le plan économique et social couplé d’un endoctrinement intellectuel à la gloire du régime en place plus qu’au concept communiste.
Cette précision étant faite, il est temps de lever le voile sur la domination intellectuelle qu’opère le capitalisme aujourd’hui. En effet le capitalisme s’est imposé peu à peu à tous comme « l’horizon indépassable de notre temps », ce à quoi l’humain et l’humanité ne peuvent échapper, et le discours néo-libéral est le nouveau leitmotiv de ce cloisonnement de la pensée. Il existe donc une forme de consensus quasi-universel sur la probité de ce système qui, pourtant, après analyse est plein d’incohérences pour l’homme et pour la pensée. De fait, qu’est ce que le capitalisme à part la lutte de tous contre tous incarnée par la concurrence ? La sacralisation du profit ? L’extrême division du travail au point que la tâche de l’homme est compartimentée ? L’individualisme égoïste poussé jusqu’au délitement du corps social ? Ou encore la considération que les inégalités sont nécessaires au bon fonctionnement du système ?
Le but n’étant pas d’opérer à une dénonciation du système capitaliste mais de montrer que le capitalisme n’est pas une fin en soi et, pour l’humanité, qu’il y a une alternative et qu’un autre système de société est possible, système que le communisme incarne. En effet doit-on se résigner devant les inégalités ? Doit-on se dire que la séparation du travail intellectuel et du travail manuel est nécessaire, plus clairement, ne peut-on pas être un ouvrier et un intellectuel à la fois ? L’hypothèse communiste définit donc comme une alternative à cela, voir même comme un renversement. C’est une société où l’homme n’est pas dicté de bout en bout par ses intérêts personnels, une société ou l’homme est capable de désintéressement, une société où l’homme peut être polyvalent… Une société communiste est donc une société altruiste, non pas que chaque homme ne doit plus vivre par soi-même, mais chaque homme ne doit plus vivre que pour soi-même. De fait, il y a une relation dialectique (de communication, de va et vient permanent) entre l’individu et la société, une relation dialectique plus profonde que le simple couple impôt/redistribution.
Ainsi, le communisme n’est pas, comme cela s’est produit en URSS un simple changement de mode de fonctionnement économique, c’est une profonde refonte morale et intellectuelle de la relation entre l’homme et le groupe. C’est penser la rupture avec le caractère fondamentalement égoïste et mercantile de la société capitaliste. De fait, le communisme ne peut être seulement le fruit d’une révolution violente –et à mon sens il ne doit pas l’être du tout-, il doit être le fruit d’une prise de conscience globale de la société de ses propres contradictions. Et c’est en cela que le communisme est une utopie, une idée. Toutefois, une « idée » au sens de Platon ne meurt pas et demeure éternellement.
Je crois donc qu’il est nécessaire de garder cette « idée » au cœur de notre réflexion politique, non pas pour tomber dans l’inaction et l’attente éternelle d’un Grand Soir qui n’arrivera probablement jamais, mais pour agir, pour tenter de tendre vers cela. Je reprendrai donc la célèbre phrase de Bernstein : « La reforme aux profits de idéaux de la révolution » ainsi que ce célèbre passage de l’Internationale « Nous ne sommes rien, soyons tout ».
Je n’espère pas vous avoir convaincu par mon raisonnement, j’ai seulement tenté de vous faire part du peu de clés dont je dispose et qui vous permettront d’engager une réflexion plus profonde sur un concept qui a traversé plus d’un siècle, qui a fait rêver tant d’hommes, et qui de fait ne peut être enterrée avec la chute d’un mur…
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D’abord choquant, puis dérangeant, pour finir désespérant… que Justice veuille faire de l’underground je plussois, mais ils pouvaient le faire autrement, et mieux. Je lis un peu partout que le Clip souhaite représenter une réalité sociale ; la réalité sociale pour Justice c’est donc : une troupe de noirs avec un blanc paumé au milieu qui ont pour seule ambition de tout casser ? Pour moi ce clip est simplement l’expression de la hantise de toute une partie de la population, qui part du 3ème âge jusqu’aux jeunes bourgeois cloisonnés dans leur quartier latin et qui ne voient dans la banlieue qu’un Zoo de sauvages pouvant nuire à leur petite vie pénard ! Enfin bon, j’aimais bien Justice, mais là, ils font fausse route…
L’avis de Quentin.
Et si on arrêtait de jouer nos vierges effarouchées cinq minutes ? C’est qu’un clip, après tout. On ne peut que saluer la démarche “artistique” que les produits (sous)culturels semblent négliger peu à peu années après années. Dans un communiqué, les deux comparses du groupe Justice réagissent :
” La vidéo de “STRESS” est née d’une idée : offrir un clip indiffusable en télé à un titre indiffusable en radio.
Sans la contrainte de réaliser un clip diffusable, nous avons pris toutes les libertés avec ce support. Pas pour choquer gratuitement : juste pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le font régulièrement le cinéma, la littérature ou l’art contemporain.”
L’art n’a pas forcément pour vocation à refléter la réalité. L’art est subjectif. Ce clip est violent, noir, choquant ; la musique l’est aussi. Le groupe échappe ainsi au diktat du consensus. Bien évidemment, l’environnement n’est pas choisi au hasard, et si ce clip devait porter tort à quelqu’un, ce serait aux jeunes de banlieue. Car oui, l’amalgame pour l’ethnocentriste xénophobe d’extrême droite est facile à faire après le visionnage de ce clip. Mais tout un chacun sait, pour peu qu’il soit en mesure d’utiliser ses neurones, qu’en banlieue, ça ne se passe pas comme ça (hors cas (extrêmement) isolés, et encore…)
Par ailleurs, ce clip ne sera jamais diffusé. Rien n’oblige les gens à se l’infliger quotidiennement.
L’art ne tente plus rien, ne risque plus rien. De quoi se plaint-on ?
En tout cas, d’un point de vue cinématographique, le clip est réussi. Peut-être que Romain Gavras (fils de Costa-Gavras, notamment à l’initiative de Kourtrajme) aurait du faire preuve de plus de finesse, de manière à rendre son message plus lisible alors que l’on assiste à l’inquiétant développement des communautarismes de toutes sortes, étrangement synchrone avec la résurgence de l’intolérance vis à vis des immigrés et des jeunes de banlieue en général. Et puis, “C’est un film. Ce n’est pas la réalité.” On ne vous l’a jamais rabaché quand vous étiez enfant ?
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Bien qu’étant un fils de soixante-huitard convaincu des bienfaits de la révolte de son père, le sujet me parait tellement épuisé par la presse, par les écrivains, et par tous ceux qui se sentent l’âme à donner leur avis sur la question que je pense qu’on peut clairement se passer du mien.
Ainsi, en s’attachant à nous saouler avec Mai 1968, on occulte un autre anniversaire majeur qui est celui de 1958, de l’arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir et la naissance de la Vème république… la GRANDE Vème république ! On passe tant de temps à s’agenouiller devant la stabilité qu’elle procure qu’on fait impasse sur ses défauts flagrants (je tiens à préciser que mon article n’a pas pour but de démonter un système qui a tant apporté à la France mais de pointer du doigt ses contradictions conceptuelles et pratiques).
En effet, dans cette Constitution, le président devient la « clé de voûte des institutions ». On a donc opéré à une inversion de la hiérarchie et réduit le parlement à une sorte de table d’enregistrement des directives du gouvernement (sauf, bien sûr quand ce dernier, comme c’était le cas hier, n’a plus la confiance de sa propre majorité) alors que précédemment il était tout. Ainsi, le système parlementaire, par essence le plus représentatif de l’opinion est mis doublement à mal ; premièrement car il est mis dans l’ombre d’un pouvoir exécutif considérablement renforcé, deuxièmement du fait que le suffrage parlementaire est majoritaire qui réduit la représentativité du parlement, et particulièrement celle des petits partis. On voit donc, sur le fond, apparaître des contradictions évidentes. Lire la suite »
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Pour ce nouveau blog, l’entreprise Terra Nova (Terre neuve) semblait idéale pour faire office de premier papier… en effet, trop longtemps enlisée dans des luttes de leadership qui ont remplacé le but originel de lutte des classes, la gauche réformiste se décide enfin à s’unir et à penser ! En effet, Terra Nova est une institution réunissant sociologues, économistes, philosophes et qui a pour tâche réfléchir sur les politiques nécessaires.Le moment est parfait pour redorer quelque peu le blason du Parti Socialiste en berne de popularité tant il est fusillé de toutes parts par la presse. Il est donc temps de revenir aux sources, à Gramsci par exemple, qui nous expliquait si bien que le combat politique se mène d’abord dans le monde de la réflexion.
Bien que les critiques fusent de toutes parts l’idée reste sur le fond et la forme séduisante. Alors que le PS lisse ses traits dans une déclaration de principe qui atteste de l’aspiration définitivement Social-démocrate du parti pour de bon allié à l’économie de marché, ce nouveau « think tanks » prend soin de ne pas écarter les intellectuels d’extrême gauche. Lire la suite »
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