Déjà 7 ans depuis les attentats du 11 septembre et on sent le monde culturel encore très peu propice à l’indulgence avec les terroristes. La grosse production Allemande de cette année traite de la première génération de la RAF (Fraction Armée Rouge), surnommée un peu abusivement La Bande à Baader, qui a sévit depuis les révoltes étudiantes de 1968 jusqu’à la mort des principaux leaders en 1977. Ce mythe du terrorisme urbain est repris dans ce film très critique réalisé par Uli Edel (réalisateur entre autre de Moi Christianne, 13 ans, droguée, prostituée) inspiré du livre de Stefan Aust, qui regroupe la fine fleur des acteurs allemands du moment (Martina Gedeck, Moritz Bleibtreu ou encore Bruno Ganz qui avait interprété brillamment Hitler dans La Chute).

Les premières minutes de films mettent en scène l’exécution en 1967 d’un étudiant par un policier lors d’une manifestation contre la visite du Shah d’Iran ; sur fond de dénonciation de la guerre du Viêt-Nam et de la société de consommation, on sent monter une atmosphère de romantisme révolutionnaire qui, il faut l’avouer, prend au tripes. On comprend alors clairement les raisons du succès médiatique de la RAF ; mené par un chef désinvolte, provocateur et en proie à une repartie sans pareil, soutenu par une Ulrike Meihnof enchaînant les chroniques enflammée, le groupe a toutes les armes –et c’est peu dire- pour déchaîner les passions !

Toutefois, l’entrain que suscite le début du film retombe très vite, et on plonge alors au cœur d’une épopée sanglante, implacable et brutal. En effet le sang n’en fini plus de couler, les personnages charismatiques se transforment en êtres pathétiques et l’alibi révolutionnaire laisse place peu à peu à un dogme sirupeux. On assiste béa à la décomposition de ceux qui apparaissaient au début comme des héros, et c’est là le cœur de film ; Stefan Aust et Uli Edel veulent montrer qu’il n’y a aucun alibi valable à la violence, que l’univers qui l’entoure n’est que haine et qu’elle n’a pas d’issue.

Le 7ème art apparaît donc ici comme un véritable moyen d’expression d’une pensée historique, à la fois parce que le film est très bien réalisé, mais également parce qu’il est très accessible. Il mêle action, amours débridés, fait historiques et c’est dans cette dualité entre Film grand publique et réflexion intellectuelle qu’on peut le considérer comme une réussite. On assiste au spectacle d’une société brisée par une guerre mondiale dont elle porte encore la culpabilité, à celui d’une jeunesse qui rêve de rompre avec ce passé pesant et qui ne peut s’empêcher de s’indigner du sort que réservent leurs libérateurs d’un jour aux Viêt-namiens.

Aujourd’hui, alors que de part le monde les luttes contre le capitalisme et l’impérialisme se divisent entre la violence la plus abrupte alimentée par le fanatisme et le dogme ; et une entente des contestation pacifique, la réflexion proposée par La Bande à Baader semble pertinente et bénéfique.

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2 réponses à “La Bande à Baader.”
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