Ressuscite, que je te parraine !
Publié par Quentin dans Politique, Polémique, tags: CRIF, Mémoire, Sarkozy, Shoah
Les gens l’ont interprétée comme ils l’ont bien voulu, cette proposition. Peut-être qu’il manquait d’inspiration, le p’tit. Ou bien qu’il voulait se faire apprécier. A-t-il seulement pris conscience qu’en cette soirée de février, c’est une boite de Pandore qu’il s’en allait décacheter ?
Chirac l’avait bien compris, s’ensuivit d’ailleurs le discours du Vel’ d’Hiv du 16 juillet 1995 : La France ne peut pas oublier. La France ne peut pas se dédouaner des crimes qui ont été commis ; pire, la France est responsable.
Personne ne contestera l’importance du souvenir, de la commémoration. Cela est même un devoir. Mais à quoi bon joue la République ?
N’a-t-elle pas compris qu’en agissant de la sorte, elle inaugurait officiellement l’insoupçonnable concurrence des mémoires ? (Concurrence victimaire qu’ils l’appellent, parfois.) Se rend-elle compte que c’est sur son peuple qu’elle fait peser ces atrocités, comme le poids de l’infamie sur le dos de Judas ?
Et Sarkozy de décider de confier la mémoire d’un enfant juif victime de la Shoah à un pauvre élève de CM2 - encore bien étranger du concept même de mort - qui n’avait strictement rien demandé.
On les avait prévenus que politique et sentimentalisme ne faisaient pas bon ménage. On leur avait dit, pourtant !
Mêler de pauvres gosses à ce crime sans nom qu’est la Shoah, qu’ils ne comprennent et n’appréhendent qu’à peine ! Oui, c’en est un de problème. Reste que maintenant, toutes les instances représentatives des différentes communautés vont attendre leur tour au gichet ; c’est vrai, pourquoi n’en ferions-nous pas autant avec les Africains victimes, 400 ans durant, de l’esclavage et du commerce triangulaire ? Et les tirailleurs Sénégalais ? Et tous les autres peuples colonisés, au fond ? Et les hermines bretonnes ?
Jeu dangereux qu’est celui de la mémoire en France… Sarkozy est maintenant avisé. Lui qui vaillamment, pourfendit les dérives communautaires. La constance, Mr. Sarkozy ! La constance ! En voilà une valeur politique que vous devriez vous plaire à user.








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