Besancenot chez Drucker, c’etait l’image de la semaine dernière. Umberto Eco en serait complètement baba : un révolutionnaire peut faire la révolution avec l’accord de la maréchaussée ; mieux, on peut même lui dérouler le tapis rouge un dimanche midi sur un plateau de télé. Et pas n’importe lequel. Vivement dimanche, c’est LE rendez-vous hebdomadaire que la France ne rate jamais, même s’il sert juste de fond sonore.
Ce qui est bien, c’est que tout le monde est gagnant ; le questionnement politique, indigent au possible, ne risqua pas de bouter le facteur, chouchou des médias, hors des sentiers battus ; FR2, eux, ont compris que le pseudo trostko-prolo-anti-capitalitico-internationalitico-revolutionnaire séduit. En voilà une affaire qu’elle est bonne.

“D’un calme Olympien”, le facteur a bien récité sa leçon. Face à un public de moutons écervelés totalement acquis à sa cause, la nouvelle star de la politique a débité consciencieusement tout ce que tonton Krivine lui a appris. Quant aux incohérences caractérisées de son discours, il eût suffit un journaliste sérieux pour les lui renvoyer à la face. Mr. l’Internationaliste devant l’éternel acheva de nous expliquer que sa volonté première était de revaloriser la condition des travailleurs français, tout en faisant en sorte de préserver leurs acquis sociaux. Rewind. Internationaliste ; protection des travailleurs français… Tout ceci mérite quand même une explication.

Comme de nombreux observateurs de la scène politique française l’ont très justement remarqué, lorsqu’un prétendu révolutionnaire - censé être la pour déranger et bousculer l’ordre établi - devient d’un coup d’un seul le chouchou du système politico-médiatique, c’est qu’il faut commencer à se méfier.
Par exemple ; Besancenot, qui est un type très émotif, est particulièrement sensible à la cause des sans-papiers (comme tout le monde en fait.) Il se définit même comme un “citoyen du monde”. Or, tout le monde sait que cet Internationalisme exarcebé n’a plus aucun sens aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation libérale. Prôner des régularisation massives, c’est ne pas être conscient d’un phénomène économique très commun, le dumping. La réalité, c’est que ces sans papiers seront exploités et utilisés par le patronnat afin de tirer les salaires vers le bas.

Si Besancenot est chouchouté, c’est que sans s’en rendre compte, il est à la botte du Medef. L’aubaine. Ils en tiennent un bon “d’idiot utile”.

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