La mondialisation n’est pas une américanisation mais une libéralisation.
Publié par MaX dans Refléxion, Société, tags: Mondialisation
La mondialisation culturelle qui instaure une domination culturelle n’est qu’un leurre.
Remontons un peu en arrière, la mondialisation est un phénomène millénaire : dès qu’il y a eu relation entre individus venant d’horizons différents, nous étions déjà dans un processus de mondialisation. Les grandes découvertes ont dopé le phénomène, ont créé les premières exportations de culture et ont fait le lit de la colonisation. La colonisation est l’élément de passage d’une mondialisation qui permettait les dialogues et les échanges de cultures à une domination pour motifs qualitatifs d’une civilisation sur une autre, ou d’une culture sur d’autres, jugées inférieures… et en a constitué la première dérive…
Et c’est cette communication entre les cultures qui ouvre un débat de fond de la mondialisation. On parle sans cesse d’américanisation de la société et d’appauvrissement des cultures et des identités locales. Toutefois, cette convergence a créé les effets inverses que ceux qui étaient escomptés : aux quatre coins de la planète, la conscience des spécificités culturelles s’aiguise. L’exemple le plus flagrant se trouve sûrement à l’Est avec des pays comme la Malaisie, la Chine, ou le Japon, qui se réclament d’un nouvel asiatisme ; ou encore les pays du Moyen Orient qui se ré-islamisent. Il est temps de briser cette glace créée de toute pièce, car la mondialisation culturelle et l’américanisation de la société européenne sont en fait un leurre, fondé notamment par les élites de gauche, pour créer un consensus anti-américain en Europe. C’est cette même idylle qui est agitée aujourd’hui par les élites Catholiques qui souhaitent réaffirmer les racines judéo-chrétiennes de l’Europe. N’est- il donc pas temps de rompre avec l’idée d’une mondialisation qui instaure la domination d’un modèle culturel alors que la multiplication des échanges entre tous a eu pour conséquence d’exacerber la conscience des spécificités culturelles ?
Il y a effectivement un alignement sur le système culturel américain, celui du “tout-business”, mais il s’agit en aucun moment d’une négation de la nature profonde européenne. Le mercantilisme a été initié en Europe par les penseurs libéraux classiques, et les Etats-Unis ne sont que le modèle de son application pure. S’aligner sur les Etats-Unis dans ce domaine n’est donc qu’un simple retour aux sources et une négation des avancées collectives motivées par la multitudes de mouvements sociaux qui ont animé le vingtième siècle.
Le cheval de Troie de l’idéologie dominante.
La mondialisation est surtout le verre d’eau qui fait passer la pilule de l’expansion du libéralisme, de l’avènement du libre échangisme. Ce qu’on oublie trop souvent, ce que le droite nous fait taire trop souvent, c’est que dénoncer la mondialisation c’est fondamentalement dénoncer le libéralisme. Or, aujourd’hui le libéralisme en tant qu’idéologie qui porte son nom se meurt, on dispose encore de quelques apôtres auto proclamés locaux tels Madelin qui ne sont que des clowns politiques sous la tutelle de quelques Bolloré et autres… toutefois elle n’est plus assumée, et elle se cache derrière la mondialisation pour subsister dans la réalité. La raison profonde et concrète de sa mort, c’est qu’il n’est pas concevable pour une élite politique de défendre un phénomène économique alors qu’il est en pleine crise, qui tue et qui mène le monde vers un désastre écologique annoncé. On donne d’autre nom à cette crise du libéralisme, « Crise de la faim », « Tiers Monde », mais les crises de la faim qui se succèdent interminablement tout les 20 ans ne sont que les phénomènes avoués d’un système de spéculation qui rendent ce type de crises inévitables. L’appauvrissement du Tiers Monde tant économiquement qu’au niveau des ressources naturelles, n’est que la conséquence d’un extrême soucis de rentabilité qui occulte complètement la nécessité de développer globalement l’économie des pays en voie de développement pour permettre un mieux social et humain.
Il est sûrement temps de rompre avec la phobie de l’alter mondialisme qui a en fait en soi sa légitimité. Son tord n’est pas de dénoncer ce véritable Cheval de Troie qui va permettre la domination concrète d’une idéologie rampante, il réside dans son incapacité chronique à proposer une alternative plausible et a pointé du doigts les vrais contradictions du système.








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