“Nous ne sommes rien, soyons tout” ou de quoi le communisme est-il le nom ?
Publié par MaX dans Refléxion, tags: Communisme, Marx
Au jour où communisme est synonyme de barbarisme, de régime totalitaire, il m’a semblé nécessaire de réhabiliter ce mot, cette idée. En effet depuis que la terrible dictature totalitaire que fut le régime dit « communiste » d’URSS est apparue aux yeux du monde, l’idée communiste porte le fardeau du terrible bilan de ce système criminel. Or, ce Système si souvent appelé communiste n’a en fait que peu de lien avec l’idée, avec le concept et avec ce que représente en soi le communisme. Ce qui s’est déroulé en URSS ne fut qu’un changement sur le plan économique et social couplé d’un endoctrinement intellectuel à la gloire du régime en place plus qu’au concept communiste.
Cette précision étant faite, il est temps de lever le voile sur la domination intellectuelle qu’opère le capitalisme aujourd’hui. En effet le capitalisme s’est imposé peu à peu à tous comme « l’horizon indépassable de notre temps », ce à quoi l’humain et l’humanité ne peuvent échapper, et le discours néo-libéral est le nouveau leitmotiv de ce cloisonnement de la pensée. Il existe donc une forme de consensus quasi-universel sur la probité de ce système qui, pourtant, après analyse est plein d’incohérences pour l’homme et pour la pensée. De fait, qu’est ce que le capitalisme à part la lutte de tous contre tous incarnée par la concurrence ? La sacralisation du profit ? L’extrême division du travail au point que la tâche de l’homme est compartimentée ? L’individualisme égoïste poussé jusqu’au délitement du corps social ? Ou encore la considération que les inégalités sont nécessaires au bon fonctionnement du système ?
Le but n’étant pas d’opérer à une dénonciation du système capitaliste mais de montrer que le capitalisme n’est pas une fin en soi et, pour l’humanité, qu’il y a une alternative et qu’un autre système de société est possible, système que le communisme incarne. En effet doit-on se résigner devant les inégalités ? Doit-on se dire que la séparation du travail intellectuel et du travail manuel est nécessaire, plus clairement, ne peut-on pas être un ouvrier et un intellectuel à la fois ? L’hypothèse communiste définit donc comme une alternative à cela, voir même comme un renversement. C’est une société où l’homme n’est pas dicté de bout en bout par ses intérêts personnels, une société ou l’homme est capable de désintéressement, une société où l’homme peut être polyvalent… Une société communiste est donc une société altruiste, non pas que chaque homme ne doit plus vivre par soi-même, mais chaque homme ne doit plus vivre que pour soi-même. De fait, il y a une relation dialectique (de communication, de va et vient permanent) entre l’individu et la société, une relation dialectique plus profonde que le simple couple impôt/redistribution.
Ainsi, le communisme n’est pas, comme cela s’est produit en URSS un simple changement de mode de fonctionnement économique, c’est une profonde refonte morale et intellectuelle de la relation entre l’homme et le groupe. C’est penser la rupture avec le caractère fondamentalement égoïste et mercantile de la société capitaliste. De fait, le communisme ne peut être seulement le fruit d’une révolution violente –et à mon sens il ne doit pas l’être du tout-, il doit être le fruit d’une prise de conscience globale de la société de ses propres contradictions. Et c’est en cela que le communisme est une utopie, une idée. Toutefois, une « idée » au sens de Platon ne meurt pas et demeure éternellement.
Je crois donc qu’il est nécessaire de garder cette « idée » au cœur de notre réflexion politique, non pas pour tomber dans l’inaction et l’attente éternelle d’un Grand Soir qui n’arrivera probablement jamais, mais pour agir, pour tenter de tendre vers cela. Je reprendrai donc la célèbre phrase de Bernstein : « La reforme aux profits de idéaux de la révolution » ainsi que ce célèbre passage de l’Internationale « Nous ne sommes rien, soyons tout ».
Je n’espère pas vous avoir convaincu par mon raisonnement, j’ai seulement tenté de vous faire part du peu de clés dont je dispose et qui vous permettront d’engager une réflexion plus profonde sur un concept qui a traversé plus d’un siècle, qui a fait rêver tant d’hommes, et qui de fait ne peut être enterrée avec la chute d’un mur…

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