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Amis bouclés, frisés, crépus ; grandes brunes ténébreuses aux cheveux qui ondulent, petits blonds rabougris à la tignasse calamistrée ; bref, amis crêpés de France et de Navarre, vous n’êtes pas ridicules ! Ou peut-être que vous l’êtes, mais sans doute moins que Ségolène qui, elle, est sans doute moins frisée que vous. Je voulais seulement parler du ce jovial rassemblement saumâtre et sirupeux dont notre Ségolène - aussi peu Ségolène qu’elle fût, je parle, bien entendu, d’un point de vue strictement capillaire et nullement factuel -, nous a gratifié.

C’était le 27 septembre. Ségolène Royal, au Zénith de Paris, avec le révolver du colonel Moutarde… Euh ! Sa petite tunique bleue et sa toute nouvelle permanente, je veux dire ! Cocasse ! Comique ! Grotesque ; ubuesque même ! Très couillu, en somme. Spectaculaire. Elle avait l’air en forme, Bécassine, dans sa petite tunique bleue… La scène, vaste, vide et sans pupitre, éclairée d’un bleu nous semblant à la fois abyssal et creux, comme pour un concert de Lorie ; logo mielleux de circonstance, projeté sur un rideau - assorti, par ailleurs, avec la chromatique du nouveau couturier de la Charentaise. (Sinon, il est de quelle couleur son frigidaire, hein ? On se le demande bien !). “La Fraternité à son Zénith”, qu’il y est écrit. Même le MRAP n’aurait pas fait mieux. On vole haut dans la formule. On atteint des sommets lyriques ! Vous les voyez, ces petits bonshommes de toutes les couleurs, qui se tiennent la main, et qui font une ronde, ensemble, comme des frères ! (Et des sœurs ! Au cas où Despentes passerait par-là, on sait jamais !) C’est tellement beau et allégorique. Ca pourrait au moins faire chialer du routier au 20 heures ! Elle en a bien du courage, Marie Ségolène… LA victime, choisie d’entre tous. Fallait qu’elle fasse peau neuve, qu’elle “rénove son image”, qu’elle ravale la façade, qu’elle séduise les cuistres et les rombières, qu’elle rassemble autour d’elle (tiens, les petits bonshommes qui font la ronde, c’était pas innocent !)

Tout ça pour dire, pardonnez-là. Faites preuve d’indulgence. De tolérance. D’ouverture (d’esprit !). On le sait, qu’elle la veut, la tête du PS. Avec Collomb en tout cas. Laissez-la “FRA-TER-NI-SER”, dandiner son fion, agiter ses anglaises et conquérir le PS ! Il vaut au moins ça, le PS. Ou plutôt il vaut que ça.

Ca sent le mort. Le macchabée qui putréfie, la relique qui pourrit ! Un “cadavre à la renverse” , qu’il disait, l’autre ! Ca sent même pas les vieilles pages poussiéreuses des vieux livres de Mamie, on subodore la hâve odeur du stérile ! Bref, ça cogne dur la jactance. Bayrou est le thanatopracteur !

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Elle est irresistible, l’ascenscion du facteur de Neuilly. Les socialistes l’ont bien compris. La percée  du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste, nouvelle dénomination de la LCR) a poussé Daniel Vaillant - à la demande de F. Hollande - à monter un groupe de réflexion sur l’extrême gauche, histoire de couper l’herbe sous le vélo du facteur… Comme s’ils avaient pas assez de problèmes comme ça au PS ! Faudrait, EN PLUS, qu’ils aillent s’occuper des copains ! « Olivier Besancenot est l’instrument d’une manoeuvre de la droite. Il faut le démystifier : son “ni ni” bénéficie à la droite », explique Daniel Vaillant, ce dernier ayant bien compris que le nouveau chouchou du système politico-médiatique était, sans le savoir, simultanément à la botte du MEDEF et un danger de premier ordre pour le PS en matière électorale. Une initiative purement stratégique donc,  nouvelle source de divisions au sens du PS ; eh oui, il y a un problème, le projet n’emballe pas grand monde. Benoit Hamon a même sévèrement critiqué cette initiative sur son blog : « Le plus gros problème des socialistes, en ce moment, c’est surtout les socialistes. L’extrême gauche ne doit pas nous faire peur, on devrait plutôt se réjouir que le mécontentement se cristallise face à la politique de Sarkozy et que les gens réagissent en votant à gauche. »

Le congrès approchant, les socialistes feraient bien de se mêler de leurs oignons ; si Besancenot fait son pain blanc sur leur dos, ils ne peuvent en vouloir qu’à eux-mêmes.

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“De l’audace”, il croit en avoir le Delanoë. Clamer haut et fort sa sympathie pour le libéralisme, alors que l’on prétend vouloir conquérir la tête du PS, il faut en avoir des corones ! Et Lamy qui, lui, vient nous faire l’apologie du libre-échangisme, adressant par la même une pique aux politiques protectionnistes … Subversifs les nouveaux dirigeants du PS ? Assurément. Ils doivent se croire originaux ces gars-là, tout persuadés qu’ils sont que la rénovation du PS passe inéluctablement par une droitisation du parti - déjà amorcée depuis des lustres-, alors que le peuple, lui, demande clairement un virage à gauche ! Mais en réalité, ces “comings-out” n’ont rien de dissident : ils sont inscrits dans une dynamique d’ordre mondial ; nous venons d’assister au naufrage de la gauche italienne, avec un leader, Velproni, qui a trouvé judicieux de jeter le doute, en pleine campagne électorale, sur son appartenance à la gauche. En Allemagne, le SPD a préféré pactiser avec la droite, ce qui a fini par entraîner la création et la percée rapide du Linkpartei.

Eh bien oui, la réalité vraie, c’est que le Parti Socialiste tend - et ce depuis plusieurs années déjà - à devenir social-démocrate. Que dis-je social-démocrate ! Parlons désormais de social-libéralisme ! Oui, la social-démocratie est morte chers dirigeants socialistes, et depuis bien longtemps. Cela remonte à la chute du mur de Berlin, en 1989, et à l’effondrement du bloc soviétique. Depuis lors, le capitalisme a subi d’innombrables mutations : il est devenu transnational grâce à l’ouverture des frontières et la suppression des droits de douane. Le capital n’a donc plus aucune raison de chercher un compromis avec le travail puisqu’il peut délocaliser si ses souhaits ne sont pas respectés. Lire la suite »

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