Posts Tagged “Sarkozy”

« [...] Le président de la République a tous les pouvoirs de la royauté : il dispose de la force armée ; il nomme aux emplois civils et militaires ; il dispense toutes les faveurs ; il a tous les moyens d’action, toutes les forces actives qu’avait le dernier roi. Mais ce que n’avait pas le roi, et qui mettra le président de la République dans une position bien autrement formidable, c’est qu’il sera l’élu du suffrage universel ; c’est qu’il aura la force immense que donnent des millions de voix. Il aura de plus, dans l’Assemblée, un parti plus ou moins considérable. Il aura donc toute le force matérielle dont disposait l’ancien roi et il aura de plus une force morale prodigieuse [...].

Je dis que le seul fait de l’élection populaire donnera au président de la République une force excessive.

[...] Un semblable pouvoir, conféré à un seul, quelque nom qu’on lui donne, roi ou président, est un pouvoir monarchique ; et celui que vous élevez est plus considérable que celui qui a été renversé.

Il est vrai que ce pouvoir, au lieu d’être héréditaire, sera temporaire et électif, mais il n’en sera que plus dangereux pour la liberté.

Êtes-vous bien sûrs que, dans cette série de personnages qui se succèderont [...] au trône de la présidence, il n’y a aura que de purs républicains empressés d’en descendre ? Êtes-vous bien sûrs qu’il ne se trouvera jamais un ambitieux tenté de s’y perpétuer ? Et si cet ambitieux est un homme qui a su se rendre populaire, si c’est un général victorieux, entouré de ce prestige de la gloire militaire auquel les Français ne savent pas résister ; si c’est le rejeton d’une des familles qui ont régné sur la France, et s’il n’a jamais renoncé expressément à ce qu’il appelle ses droits ; si le commerce languit, si le peuple souffre, s’il est dans un de ces moments de crise où la misère et la déception le livrent à ceux qui cachent, sous des promesses, des projets contre sa liberté, répondez-vous que cet ambitieux ne parviendra pas à renverser la République ? »

Bayrou avant les Présidentielles ?
Des membres du PS échaudés par le système Sarko ?

Point du tout, simplement Jules Grévy, à l’Assemblée constituante le 6 octobre 1848.
160 ans après, ce discours est d’actualité. Lire la suite »

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On sentait comme un ton de satisfaction à la lecture des lignes de cet édito, en une du Figaro. Un air de dire : “vous voyez que ça marche les heures supplémentaires”. Des chiffres adressés comme un pied-de-nez à tous les détracteurs de ce système cher à Mr. Sarkozy. Et pour cause… dans son dernier rapport, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale signale une nette augmentation de l’utilisation de ce système de défiscalisation des heures supplémentaires par les entreprises : en mars 2008, 59% des sociétés de plus de 10 salariés ont déclaré utiliser ce système, contre 38% en octobre 2007.

Oui mais voilà, Didier Migaud, président PS de la commission des finances de l’Assemblée a fait remarquer que même si les entreprises étaient 20% de plus à déclarer des heures sup’ défiscalisées qu’en Décembre, le nombre d’heures supplémentaires déclarées à lui, baissé de 10% (156 millions d’heures pour Mars 2008, alors qu’elle étaient de 165 millions en Décembre 2007.)
Pour faire simple : 20% d’entreprises en plus ont déclaré 10% d’heures supplémentaires défiscalisées en moins. On fait un peu ce qu’on veut des chiffres dont on dispose, n’est-ce pas Mr. Gaëtan de Capelle ?

On oppose souvent en journalisme, l’école subjective à celle objective. Mais au-délà de ces considérations, peut-on autoriser un journaliste à manipuler des chiffres pour arranger une réalité qu’il ne trouve pas à sa convenance ?

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Parlons Net n°11 – “Sarkozy est un Chirac lent” - Parlons Net reçoit le démographe Emmanuel Todd. Pas de langue de bois pour évoquer le bilan de Nicolas Sarkozy, la place de la France dans le monde, Ingrid Bétancourt et l’avenir de l’Europe.

Emmanuel Todd est interrogé par Philippe Cohen de Marianne2.fr, Pierre Haski de Rue.89 et Samuel Potier du Figaro.fr.

Une émission animée par David Abiker

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Un an déjà. Un an qu’il est là, le mec. Un an qu’on se le frappe, qu’on l’endure ou qu’on a la chance de l’avoir, c’est selon. Une véritable saison d’une série à l’américaine. Joie place de l’Etoile. Avatars. Rebondissements. Péripéties. Colères. Puis on en est là. Rien n’avance ; on recule même. Sans savoir pourquoi, les gens y ont cru. Pour certains, la machine peine à se mettre en route. Pour d’autres, tout ceci s’apparente à un bien vilain camouflet. Et pour eux, c’était prévisible. Enfin… encore fallait-il proposer mieux…

On a l’impression que c’était hier. Hier que Mireille Mathieu, revenue d’entre les morts, infligeait aux tympans des sympathisans UMP la Marseillaise.
C’était le 6 Mai 2007. Sarkozy remporta largement le scrutin présidentiel face à Becassine, avec 53% des voix. C’était bien un soir de Mai 2007 qu’il gagna “au peuple”. On entend encore le Borgne éructer. Crier au vol. Sarkozy lui avait “volé” son électorat. Il est malin le type.

Une victoire, et un signe d’espoir. Une perspective nouvelle, euphorisante, qu’il s’en allait porter tout seul, comme un grand (L’utilisation de cet adjectif valorisant est indépendant de notre volonté. L’Elysée nous l’impose.) Des promesses donc, et une réelle volonté de changement. De rupture, qu’il disait.
C’est l’électorat populaire qu’il avait conquis. Celui qui souffre en fin de mois. Celui qui en a raz-le-bol. C’est cet électorat qui pleure aujourd’hui.

1 an après, rien n’a changé. Le Président ès “Pouvoir d’Achat” piétine et s’écroule dans les sondages. La conjoncture internationale aidant, les espérances sont revues à la baisse. Son dynamisme, son volontarisme n’y font rien : c’est le paquet fiscal, les engagements non tenus, les virées dorées chez Bolloré qu’il se reprend dans la gueule. Ca fait mal, un boomerang.
“Les caisses sont vides”. Bah oui, qu’est-ce que vous voulez qu’il y fasse, lui. Ses prédécesseurs lui ont rendu la tâche ardue. Faut dire, c’était pas très fin les 15 milliards d’€ de chocolats aux copains. Non, soyons Grand Seigneur, il n’y a pas qu’aux plus riches que profite ce paquet, il y a aussi aux riches tout court. Tout va bien donc.

D’abord Bling-Bling, sa Présidence est marquée par une réelle volonté d’entreprendre des réformes. On se souvient encore du mécontentement des magistrats et des avocats. Celui des cheminots, non sans conséquences. Mais les Français ont l’air d’y croire. Tout semble être fait pour que leur futur change. Bien qu’omniprésent, omnipotent, Sarkozy rassure. Puis le ressort se casse.
Les critiques sur son style fusent. Certains crient même au 18 Brumaire, au “coup d’Etat permanent”. Ceux qui hier l’encensaient ont retourné leur veste.
Et c’est tout d’un coup que tout va mal, ou presque. Des reformettes, par-ci, par-là, plutôt bonnes en somme, n’ont pas l’effet escompté.
Les municipales, comme un avertissement, lui signalent qu’il ferait mieux de filer droit, et c’est pas le joli sourire de Carla qui y changera quelque chose.

Revirement total ; ou plutôt un changement de style. Même si personne n’y croit plus, si tout le monde est conscient de la farce, le Président de la République reprend de la hauteur. Il faut enfin prendre réellement les choses en main. L’euro fort assomme le commerce extérieur, l’inflation rampante rend la vie des petites gens pénible. Chez ces gens-là, aurait dit Brel, on ne parle pas, non, on pleure. Le calendrier ministériel est tout de même maintenu. Dans l’attente de résultats probants, on ne peut encore se prononcer. Ce qu’on peut dire, c’est que la politique est désavouée. Inutile de dresser une liste des engagements non-tenus. Quoiqu’en disent ses camarades, le système des heures supplémentaires est presque inefficace. Les retraités crient au scandale. (Et c’est d’ailleurs par pur pusillanisme qu’il ne s’y attaqueront pas, à la réforme - réelle - des retraites.) La politique d’immigration est jugée inhumaine, parce que chiffrée. La politique de la ville, elle, est un échec : toujours le même désarroi en banlieue où, il faut le dire, on part avec un handicap aujourd’hui. Les petites PME ont le cou tordu. L’opposition s’en donne à cœur joie, mais ne propose aucune alternative. Certains nostalgiques appellent au nouveau Mai 68, 40 ans après.
Le marasme est profond. On sent que tout peut péter d’un moment à l’autre, et c’est bien ça le plus inquiétant.

Un bilan bien terne qu’est celui de la première année de sa présidence. Entre indécence et incompétence, les Français ont commencé à y voir plus clair dans son jeu. Cet homme si “simple et dynamique” qui incarnait tant d’espoir est désormais pointé du doigt. La République a du jeu. Les enseignants, aujourd’hui dans la rue, sont le témoin du malaise qui gangrène aujourd’hui le pays.
Il reste maintenant 4 ans, et aucune procédure “d’empeachment” n’est prévue par la Constitution. Il nous reste plus qu’a espérer que tout s’arrange, et si l’on devait trois mots pour résumer cette année riche en évènements, ils seraient ceux d’une locution anglaise : Back to reality…

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Bien qu’étant un fils de soixante-huitard convaincu des bienfaits de la révolte de son père, le sujet me parait tellement épuisé par la presse, par les écrivains, et par tous ceux qui se sentent l’âme à donner leur avis sur la question que je pense qu’on peut clairement se passer du mien.

Ainsi, en s’attachant à nous saouler avec Mai 1968, on occulte un autre anniversaire majeur qui est celui de 1958, de l’arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir et la naissance de la Vème république… la GRANDE Vème république ! On passe tant de temps à s’agenouiller devant la stabilité qu’elle procure qu’on fait impasse sur ses défauts flagrants (je tiens à préciser que mon article n’a pas pour but de démonter un système qui a tant apporté à la France mais de pointer du doigt ses contradictions conceptuelles et pratiques).

En effet, dans cette Constitution, le président devient la « clé de voûte des institutions ». On a donc opéré à une inversion de la hiérarchie et réduit le parlement à une sorte de table d’enregistrement des directives du gouvernement (sauf, bien sûr quand ce dernier, comme c’était le cas hier, n’a plus la confiance de sa propre majorité) alors que précédemment il était tout. Ainsi, le système parlementaire, par essence le plus représentatif de l’opinion est mis doublement à mal ; premièrement car il est mis dans l’ombre d’un pouvoir exécutif considérablement renforcé, deuxièmement du fait que le suffrage parlementaire est majoritaire qui réduit la représentativité du parlement, et particulièrement celle des petits partis. On voit donc, sur le fond, apparaître des contradictions évidentes. Lire la suite »

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Les gens l’ont interprétée comme ils l’ont bien voulu, cette proposition. Peut-être qu’il manquait d’inspiration, le p’tit. Ou bien qu’il voulait se faire apprécier. A-t-il seulement pris conscience qu’en cette soirée de février, c’est une boite de Pandore qu’il s’en allait décacheter ?

La repentance, ou l’art de se rendre coupable de crimes que l’on a pas commis. Le chic bourgeois de supplanter l’Histoire au nom de la Mémoire. Une manière désavouée de se donner bonne conscience, lorsque les fantômes de Déat, Doriot et Laval plânent et vous narguent en même temps.
Chirac l’avait bien compris, s’ensuivit d’ailleurs le discours du Vel’ d’Hiv du 16 juillet 1995 : La France ne peut pas oublier. La France ne peut pas se dédouaner des crimes qui ont été commis ; pire, la France est responsable. Lire la suite »

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